Aux armes, anti-tabagistes !


nuage de vapeurQu’est-ce que la « lutte contre le tabac » ?

Non, on ne lutte pas contre le tabac. Dites bien ce que vous voudrez à une cigarette, engueulez-la tant que vous voudrez, elle risque de se montrer assez peu réceptive.

Hélas, les cigarettes n’iront pas en rang serré s’immoler quelque part, rouges de honte à l’idée de tous les humains qu’elles ont consumés. On ne lutte pas contre un objet, ou alors en dépit du bon sens.

On lutte donc contre des personnes. Mais lesquelles ? Les industriels du tabac semblent « mystérieusement » intouchables, jamais inquiétés. Et pourtant, les industries sont coupables, indubitablement, évidemment coupables. Non pas forcément de proposer le produit, puisque personne ne le leur interdit (on ne va pas leur demander d’avoir des principes moraux non plus), mais coupables sans nul doute de s’appliquer à rendre ce produit, dans le plus grand secret industriel, toujours plus nocif, toujours plus addictif, d’élaborer des stratégies commerciales et chimiques pour toucher les publics les plus vulnérables et les accrocher définitivement dans leurs griffes.

Les industries sont coupables, mais peut-être moins coupables, finalement, que ces pouvoirs publics qui leur accordent totale impunité. Comme s’il s’agissait d’un commerce quelconque. Les industries ne sont pas, ne sont jamais, les cibles de la « lutte contre le tabac » menée par… les pouvoirs publics.

Qui, alors ? Le fumeur et lui seul.

Aucun gourou ne force, dans nos pays, le fumeur à fumer, nous dit-on. Il est donc libre, responsable, informé. Il serait alors la vraie cible de cette croisade sans queue ni tête ? Bah oui.

Depuis des décennies, nous en sommes là. Comme si l’on cherchait à lutter contre le VIH en engueulant les patients séropositifs. En les sermonnant sur les risques qu’ils font prendre à leur entourage et les conséquences de l’infection sur leur propre santé. En les stigmatisant, comme à la belle époque où ces tristes sires ont cru voir enfin arriver la punition divine des homosexuels, avant de devoir ravaler leur ignoble joie.

Depuis des décennies, rien n’a changé. On lutte contre les fumeurs… pour ? Pour sauver les fumeurs. Bah bien sûr.

Si encore cette stratégie imbécile avait été efficace…

Que faire alors ?

En admettant que le but soit bien de sauver les fumeurs (ou même seulement de réduire le coût faramineux de leur prise en charge médicale pour la société), la solution est simple. Je dirais même exceptionnellement simple, pour un problème de cette ampleur. Sept millions de morts par an dans le monde, d’après l’OMS, rappelons-le.

Un fumeur a besoin qu’on l’aide à ne plus fumer, si c’est son souhait, qu’on lui rappelle les règles élémentaires de respect (ne pas polluer ses congénères) si nécessaire, qu’on lui foute la paix s’il désire réellement se suicider à feu lent (cas improbable, quoi qu’il en dise, quoi qu’on en pense).

Un non-fumeur a besoin de ne pas commencer à fumer.

Sur la planète 2.0, des mesures élémentaires ont été prises en ce sens :

– Toute vente de tabac à fumer sous quelque forme que ce soit est interdite.

– Les fumeurs préexistants sont suivis par un médecin qui leur prescrira selon leur préférence toute méthode d’apport en nicotine choisie, y compris le SNUS (tabac sans combustion), les substituts pharmaceutiques, etc. Au vu de l’extraordinaire efficacité de la cigarette électronique rapportée par les utilisateurs, cette méthode sera recommandée en première intention à tout fumeur. Mais le fumeur aura toujours le dernier mot.

Sur 2.0, tout se passe bien. Les bureaux de tabac et les industriels se sont reconvertis sans difficulté. La mortalité et la morbidité dues au tabac sont de l’histoire ancienne. Et chaque personne majeure se shoote selon son bon désir à la nicotine, au THC et autres substances licites chez nous.

Malgré tout, subsiste un grand mystère :

En effet, que sur la planète bêta, les pouvoirs publics s’en prennent aux fumeurs plutôt qu’aux fournisseurs, soyons honnêtes, ça, ce n’est pas si mystérieux. Mais il y a un grand point d’étonnement : en ces jours où les dits pouvoirs se gargarisent de « principe de précaution » et interdisent des produits au nom d’une potentielle éventuelle possible suspicion de risque, comment peuvent-ils se regarder dans le miroir en n’interdisant pas un produit qui tue, assassine, zigouille, avec certitude, un utilisateur sur deux ?

Entendez bien ! Je ne demande pas au nom de quels intérêts malsains ils ne le font pas (je ne suis pas si naïve), je demande comment ils peuvent vivre avec sur leur conscience cette incohérence et sa cohorte de millions de morts. Y a-t-il quelqu’un dans l’assemblée pour poser la question à n’importe lequel de nos présidents, premiers ministres, ministres de la santé… ? Et pourquoi pas… ?

 

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