Substantif féminin
À ne pas confondre avec : « apophénie », symptôme apparenté, figurant dans le manuel diagnostique des troubles mentaux (DSM-5), notamment dans le tableau clinique de la schizophrénie et d’autres troubles psychotiques, bien que le terme, comme bien des termes relevant de la psychologie, puisse faire l’objet d’abus de langage et être utilisé pour qualifier des traits de personnalité).
Définition : Obsession qui pousse à voir ou chercher du sens, des signes, des symboles en toute chose.
Étymologie : Du grec, σημεῖον, signe (cf. : polysémie, pluralité de significations) et μανία, folie, suffixe exprimant une passion excessive (cf. : pyromanie, passion obsédante pour le feu).
Histoire : Néologisme formé en 2024 par moi-même
Synonyme(s) : un mot, c’est déjà bien.
Antonyme(s) : sémio-adiaphorie (du grec ἀδιαφορία, indifférence)
Dérivés : sémiomane (subst.), sémiomaniaque (adj.)
Exemple(s) : « La sémiomanie est une tentation universelle, peut-être même un instinct primaire. Il n’y a pas de hasard. C’est vrai, et pourtant, on a souvent tort de le dire. Ne pas croire au hasard, l’autre nom que nous donnons à la complexité du réel lorsqu’elle dépasse notre entendement, c’est prendre le risque de réduire le monde à la caricature d’un blockbuster américain. Au passage, c’est aussi un bon moyen de se sentir très intelligent pour celui qui n’a pas compris que prendre la mesure de son ignorance est la marche la plus solide sur la voie de la connaissance, pour peu que l’on ne se contente pas de rester assis bêtement sur cette marche. » Milouka, Blog, 2024
Discussion : Les climato-sceptiques et leur suite royale de covido-sceptiques [et autres fosses sceptiques – pardon, jeu de mots éculé] s’étant accaparé le sublime σκεπτικός (skeptikos) des grecs anciens, ils nous en ont ainsi interdit l’accès dans son juste sens. En effet, ils ont détourné le concept même du doute en tant que suspension du jugement pour en faire un pseudo-doute unilatéral. Tant que les usagers n’auront pas accepté de remettre à sa place linguistique ce qui n’est qu’un dénialisme, nous ne pourrons plus faire bon usage du mot. En conséquence, privés de sémioscepticisme, pour qualifier la posture raisonnable entre la sémio-adiaphorie et la sémiomanie, il ne nous reste guère que la sémiodubitation.
