Vous n’aurez pas ma liberté de mentir ♫

(Ça y est ? Vous l’avez dans la tête ? Désolée. Vraiment.)

Une erreur répétée
cent fois n’est toujours
qu’une erreur

Toi, là, sur les ondes de la radio publique… quand tu brailles qu’on te prive de ta liberté d’expression en te refusant une tribune dans une commune quelconque, tu fais, par l’exemple, la démonstration de ton erreur (si je suis indulgente), de ton mensonge, de ta malhonnêteté, de ta perfide hypocrisie et de ta dangerosité (si je suis réaliste).

Si tu ne disposais pas de ta liberté d’expression, tu n’aurais pas la liberté de dire ici, devant une telle audience, que tu es dépouillé de ta liberté d’expression.

La liberté d’expression n’est pas un droit opposable à l’expression, partout, tout le temps.

Le pire, c’est que tu en es venu à chouiner cette vieille rengaine uniquement pour détourner la conversation quand la journaliste t’a demandé ton avis sur le retrait des subventions artistiques dans une ville tombée dans l’escarcelle de ton parti nauséabond. « Non, ça, ça n’a rien à voir avec la liberté d’expression, c’est juste de la gestion de budget communal. Par contre, moi, pauvre martyre, victime de la censure des islamowokistes, moi, regardez, ouin, ouin, ouin… »

Et tu vois, tu aurais pu justifier la décision de ton collègue en empruntant mon argument : après tout, ces artistes ne sont pas privés de leur liberté d’expression, ils peuvent aller s’exprimer ailleurs.

Je t’aurais (presque) donné raison.

C’est vrai. Ils peuvent.

Tant qu’il existe un ailleurs… En d’autres termes, tant que toi et tes sbires n’êtes pas partout. Puisque pour l’heure, dans ce pays, la liberté d’expression n’a véritablement qu’un seul prédateur : celui qui prétend la défendre uniquement pour lui-même. Toi.