La science, une religion comme une autre ?

Cygne de voyage pliable (idéal pour le camping, les logements de petite taille, les collectionneurs, etc.)

« Ouaiiiis, mais toi, tu crois bien en la science, et gna gna gna… c’est une croyance comme une autre, et gna gna gna… »

Oui, mais non.

Je ne crois pas en la science, je crois la science.
C’est fou comme deux petites lettres de rien du tout font une différence.

Croire en, c’est avoir la foi. Croire, c’est faire confiance.

En d’autres termes, si j’ai la foi, je crois, sans demander de preuves, qu’elle a toujours raison.
Si je lui fais confiance, je crois, en attendant d’elle qu’elle m’en donne des preuves, qu’elle a le plus souvent raison.

Ce n’est pas du scientisme, ça s’appelle de la croyance par délégation. Je laisse à ceux qui sont plus compétents que moi le soin de produire la connaissance, de la contester, de la confirmer, de la mettre à l’épreuve des faits.
Je ne déléguerai pas le choix de mon traitement anticancéreux à ma boulangère, quand bien même ses croissants soignent merveilleusement ma morosité matinale.
Je ne demanderai pas à un garagiste de m’expliquer les lois de la thermodynamique, quand bien même je ne doute pas de ses connaissances sur le moteur à combustion.

Voilà. Sinon, en musique, ça donne ça :

Scientisme

Définition TiLF : « Attitude consistant à considérer que toute connaissance ne peut être atteinte que par les sciences, particulièrement les sciences physico-chimiques, et qui attend d’elles la solution des problèmes humains »

Scientiste, moi ? Alors, oui. Mais non.

Je pense effectivement que la méthode scientifique (et non « les sciences ») est la plus efficace pour produire des connaissances scientifiques relativement solides. Et je pense, je constate, qu’elle a apporté des solutions à certains problèmes humains.
Pour autant, je ne pense pas qu’elle soit compétente pour produire « toute connaissance » et solutionner n’importe quel problème humain, ni qu’elle ait vocation à le faire.

L’expérimentation scientifique, même non formalisée à ses débuts, a été le moteur des « progrès » de l’humanité. Fallait-il vraiment que l’humanité emprunte ce chemin ? Ces « progrès » étaient-ils en réalité une déchéance ? Ces questions-là sont sûrement légitimes, mais elles ne relèvent pas de la science.

Tout ça pour dire…

Non, cher ami, je n’idolâtre pas la science. La science est faite par des humains, elle est donc capable du meilleur comme du pire. En revanche, je reste convaincue que la méthode scientifique est la plus fiable pour produire de la connaissance scientifique et que, oui, la connaissance scientifique est utile, car elle offre des prémisses rationnels à nos raisonnements, y compris ceux qui ne relèvent pas de la science.*

Et là, je me rends compte qu’en écrivant ce maudit mot, « rationnels », je vais me trouver obligée de produire un prochain billet sur… le rationalisme… [soupir]

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* Un exemple ? Avec plaisir !
Mettons que vous voulez décider si la vaccination contre une maladie X doit être rendue obligatoire. Cette question n’est pas une question scientifique. Elle peut être politique, sociétale, philosophique ou que sais-je encore. Néanmoins, si vous faites reposer votre argumentation sur des données erronées (au hasard « le vaccin provoque l’autisme, la sclérose en plaques ou le contrôle de votre cerveau via une puce 5G »), la décision que vous prendrez n’aura aucun fondement logique.
Vous pouvez en revanche argumenter que l’obligation vaccinale est attentatoire aux libertés. La science n’a rien à dire là-dessus. Moi si, mais c’est un autre sujet.